NOUS CONTACTER

Pour nous contacter, veuillez remplir les champs ci-dessous
Tous les champs sont obligatoires

Les rendez-vous de la FNIM

Compte-rendu du déjeuner-débat du 23 mai 2012

Le marché de l’industrie pharmaceutique (monde et France)
Bilan 2011 et Perspectives
Télécharger la présentation

 


Claude Le Pen (professeur à l'université Paris X-Dauphine, où il dirige le DESS Economie et gestion des organisations de santé) a présenté la dernière étude IMS Health 2012 qui propose un vaste tour d’horizon de l’industrie pharmaceutique en France et dans le monde ainsi qu’un panorama des grandes tendances du secteur à moyen terme. Malgré la crise, la croissance continue : tel pourrait être le principal enseignement de cette étude*. Mais les disparités entre zones géographiques sont patentes.

Croissance à deux chiffres sur les marchés émergents
Tous marchés confondus, le secteur pharmaceutique croît de 6% par an de manière régulière : en volume, le CA passe de 900 Mds de $ en 2010 à plus de 1000 à l’horizon 2014. Mais les disparités sont criantes selon les zones géographiques : sur les marchés matures, la croissance reste plate, voire en régression (cas de la France), tandis qu’elle explose sur les émergents, dénommés « pharmerging » (de +13% à +16%). Ainsi la contribution à la croissance des « pharmerging** », qui était de 37% sur la période 2006-2010, représente plus de 63% sur 2011-2014. Les prévisions de parts de marché des ventes mondiales font état, en 2015, d’une quasi égalité entre les « pharmerging » (29%) et les USA (31%). La stagnation observée dans les pays développés s’explique par la crise économique (perte de protection sociale aux USA) mais aussi par les déficits publics et les politiques de contrôle des dépenses de santé (Europe). La croissance nette par la quantité, et non par les prix, repose, d’une part, sur le dynamisme économique des pays émergents – parmi lesquels il faudra désormais inclure les pré-émergents (Afrique du nord notamment) – d’autre part sur une très forte percée des produits génériques. Dans les pays émergents, les génériques sont souvent des « génériques de marque » industrialisés par des firmes locales puissantes, par exemple en Jordanie ou en Turquie (on note que les « Big Pharmas » y sont sous-représentés). Ainsi, paradoxalement, si les génériques neutralisent la croissance dans les pays développés où l’innovation est annihilée par les pertes de brevets, ils la créent dans les émergents où la croissance est en outre soutenue par des programmes de santé publique. Ainsi le Maroc développe un programme d’assistance maladie par la distribution gratuite (à l’hôpital) de médicaments à la population dont le niveau de vie se situe sous le seuil de pauvreté.

Les biosimilaires*, futurs relais de croissance ?

Si beaucoup d’espoir a été fondé sur ce type de produits, il ne semble pas se concrétiser : on attendait un CA de 7 Mds d’euros en 2011 et il n’a pas dépassé le milliard. Pourquoi ? D’abord, ce sont des produits de marque, qu’il faut donc prescrire ; ensuite, ils n’ont pas (encore ?) percé aux USA, or ce marché est crucial : s’il n’y a pas de marché aux USA, il n’y a pas de marché mondial ; enfin, l’industrialisation des biosimilaires s’avère (pour l’instant ?) délicate. Une exception tout de même : l’Allemagne avec l’EPO et les hormones de croissance. Cela dit, le jour où le marché nord américain se décidera à faciliter le développement de ces produits et où les assureurs feront pression sur les prescripteurs, il est probable à long terme que les biosimilaires décolleront (2020). Ce qui signifie qu’il y aura un creux, en termes de relai de croissance, entre la fin de la révolution des génériques (que l’IMS prévoit d’ici 3 ans) et le début de la révolution des biosimilaires.

*Définition : « D’un point de vue pharmaco économique, les médicaments biosimilaires correspondent à l’application du concept de médicament générique aux biomédicaments. En effet, le cycle de vie des biomédicaments est régi par les mêmes règles que les médicaments d’origine chimique ; lorsqu’un biomédicament tombe dans le domaine public, il est possible d’en proposer une version similaire (et non identique) à l’original en vue de le commercialiser dans la même indication thérapeutique. » (source : LEEM)

Analyse du marché français
Depuis 2006, le marché des médicaments remboursables en ville est plat avec un CA inchangé de 21 Mds d’euros/an. Mais à partir de 2012, le CA va baisser, d’environ 2%, pour la première fois de son histoire, avec une croissance nulle des volumes et une baisse des prix. En valeur, on note une baisse des prix dès le début des années 2000, au moment où la Commission de la Transparence commence à réviser les prix à la baisse, notamment sur les classes de médicaments à forts volumes. En 2005, on observe une rupture : contrairement à une opinion courante, la consommation de médicaments recule alors qu’elle était restée constante depuis 1990. Seule exception dans cette baisse généralisée (croissance, volume, valeur), le marché hospitalier qui, lui, a vu son CA passer de 3 à 6 Mds d’euros de 2002 à 2011. Mais à partir de 2008, la croissance de ce marché ralentit (+ 3% en 2012) du fait d’un renforcement des produits génériqués issus de produits innovants et coûteux et d’une consolidation des politiques d’achat via des centrales d’achat (par exemple, UNI.H.A). En ce qui concerne les génériques (dont la France est le premier producteur européen), contrairement à ce qui se passe à l’échelle mondiale, le marché français est plutôt stagnant pour trois raisons :
- Les patients sont parfois réticents (effet Mediator)
- Les travaux de l’Académie de médecine jettent un doute scientifique sur l’efficacité des génériques
- Enfin, en mineur, l’augmentation constante de la mention NS (non substituable) sur les ordonnances (mais seulement 0,55% de taux de prescription). Au niveau des contraintes, le fait incontournable est le déficit de la sécurité sociale qui atteindra, quoi qu’il arrive, 14 Mds d’euros en 2012, la dette sociale étant estimée, elle, à 142 Mds d’euros, soit l’équivalent de la dette globale de la Grèce ! Pour les Pouvoirs publics, les marges de manœuvre sont particulièrement étroites et les arbitrages délicats. La loi actuellement en cours prévoit une réduction des dépenses de 3 Mds d’euros en 2012, pour aboutir à une économie générale de 20 Mds d’ici à 2015 (avec une croissance du PIB à 2,5%...).

Des changements tous azimuts
En France, le système de santé est en profonde mutation et impacte tous les acteurs de la chaîne de santé. La question de l’accès et du maintien des produits sur le marché prend un tour nouveau. La pharmacovigilance est renforcée, le besoin de sécurité s’ajoute à l’obligation d’économies et les Pouvoirs publics n’hésiteront pas à dérembourser ou interdire la consommation de produits qui ne tiendraient pas leurs promesses. Une nouvelle donnée est donc en train de s’affirmer : la volonté de développer une évaluation tout au long de la vie d’un produit de santé. L’accent sera mis en particulier sur l’évaluation post-inscription sur la liste des produits remboursables. Cette évaluation va permettre aux Pouvoirs publics d’observer la consommation du produit dans la vie réelle et dans des conditions d’utilisation normales plutôt qu’expérimentales.
Comment le produit est‐il prescrit et consommé, quels sont les effets secondaires, quels sont les effets sur les coûts ? Autant de questions qui reposent sur les « données en vie réelle » (DVR). Ces données peuvent impacter l’indication, le prix, l’accès et l’usage d’un produit de santé. Dans ce contexte, les labos ont cinq domaines sur lesquels se focaliser : les marchés émergents, la définition de la « valeur » des produits, les génériques, les nouveaux modèles commerciaux, la question des déremboursements (et son corollaire : comment s’y préparer).


* Présent dans plus de 100 pays,IMS est le fournisseur leader de services d'informations du secteur de la santé, couvrant des marchés dans plus de 135 pays du monde. L’IMS emploie 7 000 personnes, dont 1 500 consultants, tous dédiés exclusivement à la Santé et au Médicament.
** L’IMS a défini trois zones émergentes. Zone 1 : Chine. Zone 2 : Brésil, Russie, Inde. Zone 3 : 12 pays dont Venezuela, Pologne, Argentine, Turquie, Mexique…

Lire les autres comptes-rendus des rendez-vous de la FNIM

 

La FNIM, fondée en 1976
regroupe à ce jour plus d'une trentaine de sociétés toutes spécialisées en communication santé.
Elles sont représentées par dix collèges métiers :
Agences de Communication, Prestataires en Visite Médicale, Achat d’Espace, Multimédia, Audiovisuel et Internet, Sociétés d’études marketing, RP et événementiel, Presse et édition, Conseil réglementaire et stratégique, Marketing relationnel, Design et packaging.
Copyright © FNIM 2011-2017 tous droits réservés | Mentions légales