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Les rendez-vous de la FNIM

Conférence FNIM/Doctor 2.0 & You

Le digital est-il stratégique pour les industries de santé ?

Pour la troisième année consécutive, Doctor 2.0 and You, fondée par Denise Silber, et la FNIM, présidée par Eric Phélippeau, se sont associés pour mener une enquête dans le secteur de la santé (laboratoires, prestataires, PS etc), afin d’animer une session dédiée lors du congrès qui s’est déroulé le 4 et 5 juin à la Cité Universitaire. Le thème de l’étude porte sur la place du digital, au sens large, au sein des entreprises de la santé en France. Considèrent-t-elles que le digital est stratégique ? Et si oui, comment cela se concrétise-t-il ? Les partenaires du congrès, le LEEM, le G5 Santé, le journal Pharmaceutiques se sont associés étroitement à l’opération tant dans l’analyse des résultats que dans la diffusion de l’information. La session a été animée par Eric Phélippeau et Denise Silber, avec la participation d’Eric de Branche du LEEM et du Dr Patrick Delavault, Ipsen et G5.

Selon Denise Silber, « si l’importance des nouvelles technologies est désormais reconnue dans la santé, les entreprises avancent à des rythmes différents et en déployant des moyens inégaux. C’est la raison pour laquelle Eric Phélippeau et moi-même avons été très heureux d’organiser la session avec comme intervenants Eric de Branche qui bénéficie d’une large vision des entreprises du médicament de par ses fonctions au LEEM ainsi que le Dr Patrick Delavault, Chief Medical Officer (CMO) d’Ipsen. Nous n’entendons pas assez souvent la voix du CMO, alors que le médical représente le cœur des industries de santé ».

Les résultats de l’enquête* (présentation : Eric Phélippeau)

L’objectif de l’enquête était de faire le point sur la place de plus en plus prépondérante du digital au sens large dans les entreprises de santé. Sur les 118 répondants, 56% proviennent des industries de santé (essentiellement laboratoires), 37% des prestataires (agences, conseil digital ou stratégique) et 7% autres (PS, assureur, agro-alimentaire, start up). Les répondants appartiennent à des groupes internationaux (55%) ou sont indépendants (45%), mais ce critère n’a pas eu d’influence sur les résultats : le sujet abordé, le digital, intéresse autant les organisations nationales que les organisations internationales. Par postes ou fonctions, le marketing arrive en tête des répondants (34%), ce qui semble logique, mais on note une bonne représentation des Directions Générales (16%) contrairement aux fonctions Achats ou DRH qui sont sous-représentées (autour de 1%) ; les autres postes (ventes, digital, règlementaire, études, qualité) représentent 23% de l’échantillon.

Si l’on en vient au cœur du sujet, une large majorité des répondants (97,5%) affirme un oui franc et massif à la question : le digital est-il stratégique pour les industries de la santé. C’est une réponse sans appel. A la question : le management de l’innovation passe-t-il par le digital, 37% répondent « absolument », et 61% « en partie », ce qui reste tout de même très positif si l’on réunit les deux points de vue (98%). A la question : le digital doit-il amener les industries de santé à repenser leur modèle économique ? ici encore, c’est oui à 88%. Il y a quelques années, ce score n’aurait certainement pas été aussi large. A la question : le digital a-t-il sa place au comité de direction ? 80,5% de l’échantillon répondent oui et confirment ainsi la dimension stratégique du digital. A titre d’exemple, fait remarquer Eric de Branche, dircom du LEEM, L’Oréal a fait entrer à son Comex une directrice de la transformation digitale, laquelle a proposé aux autres membres du Comex d’effectuer un stage chez quelques pure players du digital. En revanche, à la question : le digital participe-t-il déjà au comité de direction ? c’est le non qui l’emporte à 59,5%. Mais comme le souligne Patrick Delavault, il existe aujourd’hui des Chief Information Officers qui, s’ils ne siègent pas au comité de direction, jouent néanmoins un rôle stratégique important. A la question : quels managers faut-il former au digital ? 83% des répondants déclarent qu’il faut former toutes les fonctions (parmi les opposants à cette formation, les profils marketing sont majoritaires : les jeunes marketeurs n’éprouvent sans doute pas le besoin de se former puisqu’ils baignent dans le digital quotidiennement). En conclusion, Denise Silber souligne que les entreprises de santé sont entrées dans une période charnière : « avant, on pouvait encore se permettre de différer un investissement massif dans l’économie numérique ; maintenant, on réalise que gagner du temps, c’est en perdre. La question est de savoir si certaines entreprises de santé n’ont pas trop tardé à mettre en place les moyens, notamment en termes de formation ». 

Perspectives du digital, par le Dr Patrick Delavault

« Deux phénomènes ont bouleversé nos métiers médicaux et de R&D depuis le début des années 90. D’abord, l’accès immédiat à l’information : avant l’arrivée d’internet, une simple revue de bibliographie demandait trois mois de recherche contre quelques minutes aujourd’hui. Ensuite, on est passé d’une description clinique et historique des maladies à une compréhension biologique et moléculaire, ce qui entraîne une complexité croissante et un volume d’informations (« Big data ») considérable. Le digital est un moyen de maîtriser cette masse d’informations et de donner du sens à ce qu’autrefois on ne pouvait pas interpréter. D’un point de vue R&D, le digital offre des outils qui nous permettent de prédire les effets pharmaco-dynamiques ou moléculaires d’un  traitement à l’étude (simulation in silico). Deux projets sont emblématiques de cette approche : le projet Bio-Intelligence (consortium d’entreprises pharmaceutiques, d’institutions académiques et d’entreprises telles que Dassault Systems), dans lequel Ipsen est partie prenante, et dont l’objectif est de modéliser certains processus impliqués dans la croissance des tumeurs ; le projet européen VPH (Virtual Physiological Human) qui a vocation à reproduire une sorte de physiologie in silico pour tester des nouvelles molécules. Ces projets ne se substituent pas aux processus normaux de R&D ou d’essais cliniques, mais ils vont impacter profondément la manière dont on mène des recherches, ainsi que leur productivité (par exemple, interrompre plus tôt un développement, donc gagner en coûts et en délais).

Deux autres domaines du digital sont pour le corps médical fondamentaux : le « Big Data » et l’informatique cognitive, lesquels bouleversent l’EBM (Evidence Base Medicine) qui repose traditionnellement sur des essais cliniques forcément parcellaires ; ainsi, quand on exerce la médecine en pratique clinique, on déplore souvent un décalage entre les essais cliniques publiés et la réalité constatée au lit du malade. A titre d’exemple, le New England Journal of Medicine rapporte le cas d’un enfant hospitalisé à Stanford et atteint d’un lupus atypique qu’une équipe de cliniciens ne parvenaient pas à traiter (pas de publications). En interrogeant une base de données (EMR, Electronic Medical Records), l’équipe a pu générer de l’information issue de cas réels qui lui a permis de prendre la bonne décision thérapeutique. Cet accès au « patient électronique » révolutionne l’EBM, même si les essais cliniques restent un élément-clé de la R&D et de la démarche d’établissement du rapport bénéfice/risque. Avec le Big Data et l’informatique cognitive, on est désormais capable de déceler les associations entre certaines signatures moléculaires, génétiques, épigénétiques et les présentations cliniques. Ces outils transforment en profondeur le processus de recherche médicale en produisant de nouvelles hypothèses ou comme aide à la décision : certains hôpitaux utilisent Watson, le programme d’intelligence artificielle conçu par IBM, comme outil d’aide à la décision diagnostique en oncologie ».

 *Enquête en ligne réalisée en mai 2015 par la FNIM et Doctor 2.0 & You avec le soutien du LEEM, du G5 Santé et de la revue Pharmaceutiques.

Denis Briquet pour la FNIM

La FNIM en bref

Créée en 1976, la FNIM est la première fédération multi-métiers de prestataires-partenaires de l’industrie pharmaceutique et des produits de santé. Elle regroupe 68 sociétés membres spécialisées en information et communication santé qui représentent une douzaine de métiers : presse et édition, agences, conseils, VM, événementiel, design de marque et packaging… Elle organise 16 matinales thématiques par an (dont pratiquement 1 sur 2 consacrée au digital).

www.lafnim.com

Doctors 2.0 & You en bref

Créé en 2011, Doctors 2.0 & You est « le rendez-vous incontournable » en matière de santé digitale en Europe. Ses événements sont consacrés à la démonstration d’outils et services de pointe faisant le lien entre les patients, les médecins et tous les acteurs de santé. Un des moteurs du e-santé sur les réseaux sociaux,  son hashtag #doctors20, est le plus tweeté dans sa catégorie et comptabilise plus de 9000 participants à date.

http://www.doctors20.fr

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La FNIM, fondée en 1976
regroupe à ce jour plus d'une trentaine de sociétés toutes spécialisées en communication santé.
Elles sont représentées par dix collèges métiers :
Agences de Communication, Prestataires en Visite Médicale, Achat d’Espace, Multimédia, Audiovisuel et Internet, Sociétés d’études marketing, RP et événementiel, Presse et édition, Conseil réglementaire et stratégique, Marketing relationnel, Design et packaging.
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