Lors de cette Matinale de la FNIM, animée par Maxime Clément (Trésorier de la FNIM et directeur des comptes stratégiques chez JIM by Medscape), Jean-Sébastien Struyf a présenté en avant-première les résultats d’une étude JIM Medscape consacrée à l’évolution des préférences des professionnels de santé en matière d’information, de formation et de canaux d’engagement à l’horizon 2027.
Contexte et méthodologie
Deux enquêtes parallèles ont été menées par JIM by Medscape au printemps 2026 afin d’étudier les attentes des professionnels de santé en France en matière d’information, de formation et de canaux d’engagement, puis de les comparer à la vision de l’industrie pharmaceutique.
- une enquête auprès de 237 médecins français, généralistes et spécialistes, utilisateurs de plateformes digitales d’information médicale et issus de la communauté de 140 000 professionnels de santé du réseau Medscape (JIM.fr, Medscape.fr et Univadis.fr) en France ;
- et une seconde auprès de 50 acteurs de l’industrie pharmaceutique (marketing, médical, stratégie, omnicanal).
7 idées à retenir
L’industrie semble surestimer certains canaux historiques d’engagement
L’un des constats les plus marquants concerne la visite médicale : l’industrie estime pouvoir atteindre 98 % des médecins via les délégués pharmaceutiques, alors que seuls 26 % des professionnels interrogés déclarent souhaiter ce type d’interaction.
Même constat concernant les emails promotionnels, dont l’intérêt apparaît surestimé par rapport aux usages déclarés des professionnels de santé.
Les échanges ont soulevé une question importante : certains dispositifs restent-ils parfois surinvestis davantage par habitude organisationnelle que par préférence réelle des professionnels de santé ?
Le mix d’engagement doit être revu pour mieux correspondre aux attentes des professionnels de santé
Au-delà du volume d’engagement, les échanges ont montré que l’industrie pourrait faire évoluer son mix de communication : davantage de digital, moins de dépendance aux canaux propres et une utilisation plus importante des canaux opérés par les communautés scientifiques.
À titre d’exemple, les webinaires. Alors qu’ils sont parfois perçus comme des formats arrivés à saturation, les webinaires apparaissent dans l’étude comme davantage valorisés par les professionnels de santé que ne l’anticipent les industriels.
Les participants ont souligné le rôle déterminant de la qualité scientifique, de la crédibilité de l’émetteur, de la présence d’experts reconnus ainsi que de la possibilité d’un accès à la demande dans l’engagement des professionnels de santé.
Le distanciel est devenu structurel
Les professionnels de santé interrogés expriment une préférence plus forte pour les formats distanciels que ce qu’anticipent les acteurs de l’industrie.
Les échanges ont confirmé que le distanciel n’est plus perçu comme un format alternatif ou “hérité du Covid”. Webinaires, contenus à la demande et dispositifs digitaux font désormais partie des usages des professionnels de santé.
Le présentiel conserve néanmoins une forte valeur relationnelle et scientifique, notamment dans certains congrès et échanges à forte intensité d’interaction.
Les professionnels de santé privilégient les sources jugées crédibles et utiles
Les praticiens valorisent les contenus scientifiques synthétiques, les analyses de congrès, les contenus utiles à la pratique, les dispositifs de formation continue ainsi que les sources jugées crédibles et indépendantes.
Les échanges ont mis en évidence l’importance accordée aux environnements éditoriaux spécialisés et aux communautés scientifiques.
La question centrale devient celle de la valeur du contenu
Plusieurs échanges ont souligné que l’attention des professionnels de santé est devenue une ressource rare.
Dans ce contexte, la pertinence, l’utilité, la qualité et la neutralité perçues semblent désormais plus importantes que la multiplication des points de contact.
L’IA avance, mais l’adoption par les professionnels sera probablement progressive
Concernant l’intelligence artificielle, l’étude montre un écart important entre l’enthousiasme de l’industrie et la prudence des médecins sur les usages concrets à court terme.
Les professionnels de santé identifient déjà certains usages utiles de l’IA, notamment pour faciliter la recherche d’information, gagner du temps et mieux organiser les contenus.
Mais les échanges ont également mis en évidence plusieurs réserves : • fiabilité des données ; • prudence vis-à-vis de l’automatisation ; • nécessité d’une intégration progressive ; • importance de conserver des environnements validés et de confiance.
Les attentes dépassent désormais la seule information produit
Prévention, accompagnement du parcours patient, formation, outils pratiques, information fiable, transparence et services utiles apparaissent désormais comme des attentes fortes des professionnels de santé vis-à-vis de l’industrie pharmaceutique.
Une évolution qui invite l’ensemble de l’écosystème santé à repenser ses stratégies de communication et de formation.
La FNIM remercie chaleureusement les équipes de Medscape et de JIM by Medscape pour ce partage stimulant autour des évolutions qui façonnent l’engagement des professionnels de santé.






